Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/66

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Chapitre XII


ça se corse


Au printemps de 1915, les mesures de surveillance policières acquirent une recrudescence de sévérité. Une promenade sur la chaussée, une visite à domicile, soit chez un parent, soit chez un pauvre, soit chez un malade, tout cela était observé et minutieusement épié.

Au cours d’une simple promenade à travers les allées d’un jardin, il n’était pas rare d’apercevoir derrière soi un œil inquisiteur percer comme une flèche à travers le feuillage. Incessamment, nous nous sentions talonnés de tous côtés.

L’infraction la plus insignifiante aux règlements de l’autorité occupante, — et Dieu sait s’il en était affiché sur tous les murs de ces règlements ! — était punie de fortes amendes ou de prison.

Le torpillage du Lusitania eut lieu vers cette époque. En cette occasion, une aigreur nouvelle, pour ne pas dire plus, s’était fait jour dans l’âme de l’Anglais, tandis que chez l’Allemand ce qui perçait,