Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/67

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


au contraire, c’était un sentiment d’orgueil et de domination plus accentué. De même que l’on venait de déchaîner le terrorisme sur mer, de même on voulait semer la terreur dans tout le territoire occupé. Tout cela contribuait à nous faire désirer plus ardemment encore de sortir de la Belgique et de revenir au Canada, d’autant qu’un des médecins de Capellen était rentré.

Le 15 mai (1915), à 9 heures du matin, un messager vint me dire que ma présence était requise à la maison communale. Ce n’est pas sans appréhension que je m’y rends. Dans le bureau du maire, je me trouvai en présence du maire lui-même et d’un sous-officier allemand. Le maire, qui était un de mes bons amis, et qui savait parler du regard, me dit, en me lorgnant d’une certaine manière : — « Ce sous-officier désire vous parler. »

— « Qu’y a-t-il ? », demandai-je au sous-officier boche.

— « Vous devez, me répondit-il, vous rendre immédiatement à Anvers. »

— « Très bien, je vais m’y rendre, à la minute, sur ma bicyclette. »

— « Non, reprit le sous-officier, vous faites mieux de laisser votre bicyclette ici, à la mairie, et je vous prie de m’accompagner. »

Quelques minutes plus tard, nous arrivions à la gare, transformée en poste militaire comme toutes les gares du pays occupé. Le sous-officier m’indiqua