Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/71

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— « Simplement ce que je dis. Que je n’ai jamais eu l’intention d’éviter de me conformer aux règlements que vous avez affichés. »

— « Vous le prenez de haut. Croyez-vous donc que nous ignorons que vous êtes sujet britannique ? »

— « Je ne l’ai jamais pensé. »

— « Vous êtes sujet britannique, n’est-ce pas ?… Vous êtes sujet britannique ? »

— « Vous l’avez dit. »

— « Vous faites bien de ne pas le nier. »

— « Alors, si vous me permettez, je reprends l’accusation que vous avez portée contre moi, et je vous ferai une simple question : s’il était établi que le chef de police militaire allemand, ici même, à Anvers, me connaît personnellement ; qu’il m’a rencontré plusieurs fois ; que nous avons échangé de longues conversations ; qu’il connaît ma nationalité ; qu’il sait sous quelles circonstances je me trouve être en Belgique ; pourquoi j’y suis venu ; ce que j’y fais ; et enfin, ce que j’ai intention de faire, seriez-vous toujours d’opinion que j’ai enfreint volontairement les règlements en ne me « rapportant » pas à ce bureau ? »

Mon officier, visiblement décontenancé, attrape le téléphone, et se met en communication avec le chef de police. Il obtint évidemment satisfaction, car il en rabattit considérablement, et dans son ton menaçant, et dans son attitude hautaine.

— « Bien, me dit-il, vous deviez pourtant savoir