Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/72

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qu’en votre qualité d’étranger, il ne vous était pas permis de circuler sans une carte d’identification. Nous vous donnerons donc votre carte, et vous devrez vous « rapporter » ici toutes les deux semaines. »

L’officier devait décharger sa colère sur quelqu’un. Il se tourna du côté du soldat qui était toujours là, planté comme un as de pique, lui lança le plus brutalement possible le commandement de se retirer : « Los ! » (« Sors ! »)

Le soldat, pauvre esclave, se frappe les talons, frappe ses cuisses de ses mains, regarde fixement l’officier, son maître, fait demi-tour à droite et enfile la porte.

Une heure plus tard, pas trop ennuyé, en vérité, de mon excursion, je rentrais à Capellen où j’étais immédiatement entouré de ma famille et d’un groupe d’amis qui désiraient savoir le court et le long des événements de la journée.

Muni de ma nouvelle carte, j’étais apparemment en toute sécurité, et je pouvais circuler librement au milieu de mes malades. Au bout de deux semaines, je me « rapportai » de nouveau à Anvers. On visa mon passeport, et je continuai de respirer, du moins pour un certain temps, l’air de la liberté.