Page:Büchner - La Mort de Danton, trad. Dietrich, 1889.djvu/325

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


entre les rochers, elles formèrent un autre tableau. Les tableaux les plus beaux, les notes les plus sonores se groupent, s’évanouissent.

« Il ne reste qu’une chose, une beauté infinie qui d’une forme passe à une autre, éternellement accessible, éternellement variée. On ne peut pas toujours, il est vrai, la fixer et la placer dans les musées ou la traduire en sons, puis convoquer fieux et jeunes en les laissant radoter et s’émerveiller sur ce sujet. On doit aimer l’humanité, pour pénétrer l’essence particulière de chacun ; nul ne doit être à nos yeux trop chétif ou trop laid : c’est le seul moyen de le comprendre. Le visage le plus insignifiant cause une impression plus profonde que la pure sensation du beau, et l’on peut faire sortir les figures d’elles-mêmes sans y ajouter quelque chose copié du dehors, auquel cas on ne sent battre et palpiter ni vie, ni muscles, ni pouls ».

Kaufmann lui objecta qu’il ne trouverait pourtant pas dans la réalité de types pour un Apollon du Belvédère ou une madone de Raphaël. « Qu’importe ! répliqua Lenz ; je dois avouer que cela me laisse absolument froid. En travaillant en moi-même, je puis aussi saisir quelque chose là-dedans; mais tout le mérite en est à moi. Le poète et le sculpteur que je préfère, c’est celui qui me rend le plus fidèlement la nature, de telle sorte que je sente sa création; tout le reste me dérange. J’aime mieux les peintres hollandais que les peintres italiens : ils sont aussi les seuls