Page:Büchner - La Mort de Danton, trad. Dietrich, 1889.djvu/340

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seul de ses péchés. Jésus, ajouta-t -il, a songé a tout cela, et c’est vers lui qu’il faut vous tourner. Il sortit.

Au souper, il fut, comme d’ordinaire, quelque peu morose. Pourtant il parla de toutes sortes de choses, mais avec une précipitation inquiète. Au milieu de la nuit un bruit réveilla Oberlin. Lenz courait à travers la cour, il criait d’une voix creuse et dure, en le prononçant avec une extrême violence mêlée de trouble et de désespoir, le nom de Frédérique ; puis il se plongea dans le réservoir de la fontaine, s’y débattit, en sortit, remonta dans sa chambre, se précipita de nouveau dans le réservoir, et ainsi à plusieurs reprises : enfin il se calma. Les servantes qui dormaient dans la chambre des enfants, au-dessous de lui, dirent que souvent, et particulièrement dans cette nuit même, elles avaient entendu un bourdonnement qu’elles ne pouvaient comparer qu’au son d’un pipeau d’avoine. Peut-être étaient-ce ses gémissements et sa voix creuse, terrible, désespérée.

Le lendemain, Lenz ne parut pas de longtemps. Oberlin monta dans sa chambre : il le trouva dans son lit, calme et immobile. Oberlin eut beaucoup de peine à lui arracher une réponse ; enfin il lui dit : « Oui, Monsieur le pasteur, voyez-vous, l’ennui ! l’ennui ! oh ! je m’ennuie tant que je ne sais plus que dire, j’ai déjà dessiné toutes les figures sur la muraille ». Oberlin lui répliqua qu’il devrait