Page:Bacon - Œuvres, tome 3.djvu/261

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


publiques sont affligés, lorsque les conseillers des rois, ou les sénateurs, ou et en général ceux qui sont au gouvernail, sont d’esprit railleur. Les hommes de cette trempe vont toujours exténuant la grandeur des inconvéniens, afin de paroître des sénateurs courageux, insultant à ceux qui pèsent ces inconvéniens comme ils le doivent, et les taxant de timidité. Ils se moquent de ces délibérations si lentes, de ces discussions si approfondies, prétendant que ce n’est qu’un bavardage d’orateur ; que rien n’est plus fastidieux, et qu’elles ne contribuent en rien au succès. Ils méprisent l’opinion publique, sur laquelle pourtant les princes doivent régler leurs desseins ; la regardant comme le caquet de la populace, comme le bruit d’un jour. La force et l’autorité des loix qui, selon eux, ne sont qu’une sorte de filets peu faits pour faire obstacle aux grands desseins, n’a pas plus le pouvoir de les arrêter. Ces dispositions et ces précautions, qui regardent un avenir éloigné, leur paroissent comme autant