Page:Baissac - Le Folk-lore de l’Île-Maurice, 1888.djvu/14

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mélodie aux ressources un peu courtes de nos accordéons. Quant à la chanson créole, elle est morte et bien morte ; nos sègas du temps passé ont vécu : danse, paroles et musique.

Nos sirandanes ont mieux résisté : leur brièveté les sauve, c’est une concession plus tôt faite aux conservateurs des vieux us. Mais le recueil n’en grossit plus, le moule se rouille ; nous avons d’autres projectiles à fondre, on ne fait plus de sirandanes.

Le lecteur le voit donc : c’est un inventaire post mortem que ce volume ; c’est, à proprement parler, à une littérature d’outre-tombe que nous lui proposons de s’intéresser quelques instants avec nous. Aux curieux européens nous promettons en dédommagement de la peine qu’ils prendront à nous lire, le plaisir d’une courte excursion dans un pays suffisamment pittoresque ; à nos lecteurs mauriciens, l’attrait bien autrement pénétrant d’un pèlerinage aux lieux lointains où s’est éboulée notre enfance.

Ce livre se divise naturellement en trois parties : contes, sirandanes et chansons ; ce sont là, en effet, les trois modes sous lesquels s’est manifesté le génie littéraire de la race dont nous inventorions les richesses.

De la chanson et des sirandanes nous n’aurons que quelques mots à dire quand nous arriverons à ces deux subdivisions de notre recueil ; mais les contes doivent nous arriver plus longtemps, car c’est de