Page:Baker - Pourquoi faudrait-il punir, 2004.djvu/37

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LE DÉSIR DE PUNIR[1]


— Un individu pareil, il faut bien le punir, quand même !

— Il l’a bien cherché.

— Il se croyait tout permis. Faut bien qu’il apprenne à filer doux.

— La Société a le devoir de se protéger. C’est simple !

— Si vous n’enfermez plus les voleurs et les violeurs, tout le monde deviendra voleur et violeur…

— Il a pris ses responsabilités ; il a qu’à payer.

— Il ne comprend que la méthode forte ? Va pour la méthode forte !

— Il faut condamner, ne serait-ce que pour le principe…

— On ne peut pas laisser les meurtriers courir les rues. (Non, sur les routes, c’est pas pareil.)

— On ne cherche pas forcément à lui faire mal, il faut juste qu’il comprenne qu’il y a une loi. Point final.

Depuis la nuit des temps on a cherché à punir. Et si l’aube est venue, c’est pour quelques isolés, quelques oiseaux rares, et ce dès avant que ne s’écrive l’histoire. Je ne crois pas aux aurores futures.

  1. Que le titre de ce chapitre soit vu comme un hommage au beau livre de Thierry Lévy, Le désir de punir, Fayard, 1979.