Page:Bakounine - Œuvres t1.djvu/200

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que, ils se réorganisent, — avec une absolue liberté pour toutes les parties de s’unir ou de ne s’unir pas, et en conservant à chacune celle de sortir toujours d’une union, même une fois librement consentie, — de bas en haut, selon les besoins réels et les tendances naturelles des parties, par la libre fédération des individus et des associations, des communes, des districts, des provinces et des nations dans l’humanité.

Telles sont les conclusions auxquelles nous amène nécessairement l’examen des rapports extérieurs de l’État même soi-disant libre, avec les autres États. Nous verrons plus tard que l’État qui se fonde sur le droit divin ou sur la sanction religieuse arrive précisément aux mêmes résultats. Examinons maintenant les rapports de l’État fondé sur le libre contrat envers ses propres citoyens ou sujets.

Nous avons vu qu’en excluant l’immense majorité de l’humaine espèce de son sein, en la rejetant en dehors des engagements et des devoirs réciproques de la morale, de la justice et du droit, il nie l’humanité et avec ce grand mot : Patriotisme, impose l’injustice et la cruauté à tous ses sujets, comme un suprême devoir. Il restreint, il tronque, il tue en eux l’humanité pour qu’en cessant d’être des hommes ils ne soient plus que des citoyens, — ou bien ce qui sera plus juste, sous le rapport de la succession historique