Page:Bakounine - Lettres à Herzen et Ogarev, trad. Stromberg, Perrin, 1896.djvu/39

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« Bakounine commence ainsi :

«« Liberté, réalisation de la liberté, — qui oserait nier que dans l’histoire ce mot ne figure en tête de l’ordre du jour ? Ses ennemis le reconnaissent aussi bien que ses amis et personne ne se hasarde à se déclarer ouvertement et hardiment comme adversaire de la Liberté. Et cependant, la réalisation de la Liberté était — la Révolution… »»

« Bakounine s’attaque ensuite au parti réactionnaire et lait un véritable exposé de la théorie de négation si superficiellement conçue par ce parti :

«« Le principe démocratique, dit-il, ne consiste pas seulement dans une large affirmation, mais, aussi dans la négation de ce qui est positif ; c’est pourquoi, la démocratie devra disparaître en même temps que ce positif, pour rejaillir, ensuite, librement, sous une forme nouvelle et dans la plénitude vivante de son être. Et cette régénération du parti démocratique en lui-même ne présentera pas un simple changement quantitatif, un élargissement de son existence trop exclusive et par cela même très défectueuse, Dieu l’en garde ! — une telle propagation amènerait l’aplatissement dans le monde entier et le résultat auquel elle arriverait finalement, serait la réalité absolue — mais bien, une transformation qualitative, une révélation vivante et vivifiante, un ciel nouveau et une terre nouvelle, un monde juvénil, resplendissant de beauté, dans lequel toutes les dissonances qui ont lieu aujourd’hui se confondront et feront place à une harmonieuse unité. »»