Page:Bakounine - Lettres à Herzen et Ogarev, trad. Stromberg, Perrin, 1896.djvu/42

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tard dans la rue de Rivoli et entamai une conversation là-dessus, il ne voulut pas le reconnaître et me déclara, qu’au contraire, la Révolution se réalisera dans le sens politique et non au point de vue des socialistes ; que le communisme était logiquement impossible. Je lui fis connaître George Sand, Chopin et Lamennais, mais je le voyais beaucoup plus rarement qu’à Dresde, où nous nous rencontrions tous les jours au Musée ou ailleurs »…

En 1847, Herzen vint à Paris et y rencontra Bakounine. Nous ne trouvons que peu de renseignements sur leurs relations, à cette époque, dans les Mémoires de Herzen.

L’auteur décrit ainsi leur première rencontre à Paris.

« … Le voilà Bakounine, en personne.

« Je le rencontrai au coin d’une rue ; il était avec trois de ses amis et, tout comme à Moscou, il leur prêchait quelque chose en s’arrêtant à tout moment, brandissant de tous côtés la cigarette qu’il tenait à la main. Pour cette fois, le sermon dut rester sans conclusions, car je l’interrompis au beau milieu et entraînai le prédicateur avec moi, pour aller saisir Sazonoff de stupéfaction par mon arrivée à Paris. »

Herzen mentionne encore à un autre endroit Bakounine, lorsqu’il parle de Proudhon.

« Je l’ai rencontré deux ou trois fois chez Bakounine, avec lequel il était très intimement lié. Bakounine demeurait alors chez A. Reichel, un musicien, occupant un très modeste appartement dans la rue de Bourgogne, sur la rive gauche de la Seine. Dans ce temps, Proudhon se plaisait à y aller souvent, pour