Page:Bakounine - Lettres à Herzen et Ogarev, trad. Stromberg, Perrin, 1896.djvu/53

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


comme de hannetons. Le mouvement semble paralysé et il faut s’attendre à une réaction. C’est déjà une grande erreur que d’avoir délaissé l’Espagne et l’Italie. Lamartine n’est qu’un faiseur de phrases et on n’a pas la moindre idée de la révolution allemande, pas plus que de la révolution slave. Le bourgeois de la grande nation ne se soucie pas beaucoup de ce que, nous autres, nous souhaitons aussi une existence meilleure. »

« Ce n’était qu’à grand’peine qu’il était parvenu à se procurer des ressources pour faire de l’agitation en Russie et c’est dans ce but qu’il se rendait à présent à Breslau, afin de se trouver plus près de la frontière russe. Quant aux politiciens français, il s’était surtout rapproché de De Flotte [1], qui partageait son opinion que la révolution avait faibli et que les éléments hostiles commençaient à relever la tête. »

Au cours de cette conversation, Althaus apporta la nouvelle que la candidature de Ruge était abandonnée. Et comme ce dernier faisait des reproches à Bakounine, pour l’avoir entraîné de l’Odeum, Bakounine le consola de cette manière :

— « Eh bien ! lorsque nous autres, Slaves, nous aurons mis notre révolution en bonne voie, nous te laisserons prendre ta revanche de l’ingratitude de ces philistins saxons. Car, tu as plus de mérite que tout cet Odeum ensemble, pour l’élan que tu as donné aux idées dans ce dernier temps. Et, certes, tu n’appartiens pas plus à la Saxe qu’à Leipzig, mais bien à Berlin. »

  1. Officier de marine, disciple de Fourier et ami de Victor Considérant. (Trad.)