Page:Bakounine - Lettres à Herzen et Ogarev, trad. Stromberg, Perrin, 1896.djvu/89

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Par décision du Congrès de la Haye, Bakounine fut exclu de l’Internationale, qui tomba bientôt elle-même en dissolution, tant à cause de l’affaire Bakounine, qu’à cause du transfert à New-York du nouveau Conseil général central de l’Internationale, ce qui affaiblissait beaucoup l’action de ce Comité et amoindrissait son influence en Europe. Plusieurs sections suisses, espagnoles et belges, hostiles à toute direction centrale dans l’Internationale, protestèrent contre cette décision. Pour témoigner de leur opposition, elles convoquèrent un congrès « antiautoritaire » ou fédéraliste de l’Internationale, à Saint-Imier, dans le Jura suisse.

Cette nouvelle Internationale, où Bakounine exerçait son autorité d’autrefois et qui s’appuyait principalement sur la Fédération Jurassienne, organisa plusieurs congrès. Mais, en 1876, au congrès de Gand, elle se divisa en deux groupements distincts, celui des collectivistes et celui des anarchistes. Bakounine n’y survécut pas. Il mourut le 6 juillet 1876 à Berne, où il était venu se faire soigner par son ancien ami, le docteur F. Vogt.

Nous trouvons quelques données intéressantes sur le séjour de Bakounine à Locarno dans les « Souvenirs de Débagori-Mokriévitch ».

« Bakounine se levait tard ; nous ne pouvions donc nous rendre chez lui que vers les dix heures. Le jour était ensoleillé de telle sorte qu’après cette lumière éclatante du dehors, sa chambre, au rez-de-chaussée, me paraissait tout à fait noire. Une ou deux fenêtres, donnant sur un jardin, ne laissaient passer