Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/309

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550. Pourquoi erres-tu, inoccupé, après avoir délaissé les guirlandes, les parfums, les divers ornements et les vêtements (de ton rang) ?

551. Après avoir été un grand étang où tous les êtres se purifiaient, après avoir été un grand arbre, utile (par l’ombre qu’il donnait) à tous, tu t’adresses (maintenant) aux autres (pour obtenir d’eux ce dont tu as besoin) !

552. Un éléphant même, (quand il est devenu) inutile (aux autres et à lui-même), est saisi par un grand nombre d’animaux carnassiers, (qui le déchirent) de leurs griffes. Il devient aussi la proie d’une multitude d’insectes. Qu’adviendra-t-il donc de toi ?

553. Pourquoi songerais-tu (à imiter) celui qui troublerait (le repos) de cette cruche (en s’en munissant), qui prendrait le triple bâton (d’ascète mendiant), qui se dépouillerais du vêtement qui lui est propre ?

554. Mais, puisque, pour toi, cette poignée de grain a la même valeur que toutes (les richesses), pourquoi te décides-tu en sa faveur, en abandonnant tout (le reste) ?

555. Si cette poignée de grain est le but (de ton ambition), tes résolutions sont vaines. Que suis-je pour toi ? Qu’es-tu pour moi ? Quelles sont tes faveurs à mon égard ?

556. Ô roi, si tu veux que tes bienfaits se continuent, gouverne cette terre, (conserve) ton palais, ton lit, ton char, tes vêtements et tes ornements.

557. Pourquoi donc celui qui est heureux, abandonnerait-il tous ses biens ? (Le renoncement ne convient qu’à) ceux que la prospérité délaisse, qui sont dépourvus de richesses, qui n’ont rien et qui se séparent de leurs amis 14.

558. Vois la différence entre deux (hommes), dont (l’un)