Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/310

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reçoit toujours et dont l’autre donne toujours ! Lequel est réputé le meilleur des deux ?

559. L’offrande accordée à ces deux hommes, dont l’un demande toujours et dont l’autre est un hypocrite, est comme une libation mal faite (qui serait versée) sur l’incendie d’une forêt.

560. Ô roi, de même que le feu ne s’éteint pas avant d’avoir consumé (tout ce qu’il touche), de même un brahmane mendiant continue indéfiniment (à mendier).

561. Ô roi, la principale préoccupation d’un (prince), est certainement de pourvoir à la nourriture des gens de bien. S’il n’y avait pas de roi pour faire des libéralités, comment ceux qui poursuivent la délivrance finale (subsisteraient-ils ) ?

562. En ce monde, les maîtres de maison, et ensuite les mendiants qu’ils entretiennent, subsistent par la nourriture. La nourriture, c’est la vie. Celui qui donne la nourriture donne la vie.

563. Ceux qui ont abandonné l’état de maître de maison, vont (demander des secours) aux maîtres de maison eux-mêmes. Ayant trouvé (leur nourriture) et dompté leurs sens, ils deviennent puissants et renommés,

564. Ce n’est ni à l’abandon de ses biens, ni à la tête rasée, ni au fait de demander l’aumône, qu’on reconnaît le mendiant. Le vrai mendiant, sache-le, est celui qui a renoncé à l’intérêt (propre), mais non au plaisir 15

565. L’homme détaché (du monde, au fond du cœur), qui ne tient à rien, qui a brisé ses liens, qui agit de même avec ses ennemis et avec ses amis, mais qui se comporte (en apparence) comme s’il était attaché (aux choses de la terre), est (en réalité) détaché de ce monde.