Page:Balzac, Chasles, Rabou - Contes bruns, 1832.djvu/171

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« Ne me jugez pas d’après elle. Vous ne me connaissez pas, me répondit-il. J’ai adopté le couvent comme un lieu de paix et de retraite, et cette robe comme une égide commode contre la vie et ses tourmens ; je ne suis pas de l’ordre de Saint-François. Les moines de ce pays, classe d’hommes dont on dit tant de mal, sont d’une admirable tolérance ; ils me laissent porter leur costume, partager leur vie, et ne m’imposent pas leurs croyances ; ils me souffrent et m’aiment. Je suis protestant. Que cela ne vous étonne pas : nous autres philosophes de France et d’Angleterre nous ne savons pas ce que les couvens d’Italie et d’Espagne renferment de lumières et de bon sens. Jamais nos moines ne me font subir l’ennui d’aucune controverse ; je vis avec eux, et j’y vis… tranquille. »

A ce dernier mot il hésita, il s’arrêta, il n’osait pas dire heureux. Une rêverie plus sombre nuagea ce front pensif ; des idées tristes l’assiégeaient. Il garda quelques momens le silence, appuya sa tête rasée entre ses mains, et me dit :

« Je suis du comté de Herford. Quan