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le sang de la coupe

Pour meurtrir comme nous la plante de tes pieds
Dans cet étroit cachot de crimes expiés.
Dieu qui, pour te créer, Ange entre ses merveilles,
A pétri des parfums et des blancheurs vermeilles,
Ne pouvait pour longtemps, même dans ce beau corps,
T’exiler des rayons, te bannir des accords !
Mais si tôt ! mais si vite ! Et pourquoi, chère morte,
Nous a-t-il donc laissés t’aimer, puisqu’il t’emporte ?
Ô coupe de parfums, rose nouvelle, bois
Nos larmes ! Dépouillons les jardins et les bois !
Jeunes filles, cueillez les roses avant l’heure ;
Mêlons nos pleurs amers à la brise qui pleure.
Votre Lydie est morte ! elle est morte au printemps !
Peut-être il lui restait encor beaucoup de temps
Pour aller dans les champs, pleins de senteurs divines,
Cueillir des liserons et d’humbles églantines,
Pour s’agiter aux vents comme un jeune roseau,
Pour mêler quelque rêve à ses chansons d’oiseau,
Et pour sourire aux cieux de rubis et d’opales.
Morte ! Pourtant la fièvre aux haleines fatales
N’a pas mis le trésor de ses jeunes appas
Sur un lit de douleur. Tout l’aimait. Ce n’est pas
Le fer, dernier espoir des espérances vaines,
Qui fit couler à flots la pourpre de ses veines.
Non, tout l’aimait. La vague aux regards onduleux
Ne l’a pas entraînée au fond des gouffres bleus.
Rien n’a tranché le fil d’une aussi belle vie.
Non. Seulement, un jour, cette sainte ravie