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le sang de la coupe

Louanges d’Aurélie.

Toi qui rêvas parmi les lys,
Avec le sylphe et les willis
Pour coryphées,
Et la rosée en diamants,
Un théâtre pour les amants
Et pour les fées !

Je sais, poëte du roi Lear,
Une femme qui fait pâlir
Toutes les flammes
Dont ta noble main couronna
Juliette et Desdémona,
Ces blanches âmes !

Elle avait au front moins de fleurs,
Celle que, d’amour et de pleurs
Tout arrosée,
La lune rêveuse, en songeant,
Couronnait de rayons d’argent
Et de rosée.