Page:Banville - Œuvres, Les Exilés, 1890.djvu/235

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III

Omphale

Vingt monstres tout sanglants, qu’on ne voit qu’à demi,
Errent en foule autour du rouet endormi :
Le lion néméen, l’hydre affreuse de Lerne,
Cacus, le noir brigand de la noire caverne…
Victor Hugo, Le Rouet d’Omphale.

Calme et foulant son lit d’ivoire, dont le seuil
Orné d’or sous les plis de la pourpre étincelle,
La Lydienne rit de sa bouche infidèle
Aux princes de l’Asie, et leur fait bon accueil.

Une massue, espoir des Cyclades en deuil,
Sur un tapis splendide est posée auprès d’elle.
L’idole radieuse, et fière d’être belle,
De ses doigts enfantins y touche avec orgueil.