Page:Barbey d’Aurevilly - Les Quarante Médaillons de l’Académie.djvu/110

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ayant oriflamme ; tenu par conséquent sur son honneur littéraire de ne jamais entrer à l’Académie, quand même elle se serait mise à genoux devant lui, ce qu’elle n’a pas fait. Mais comme Alfred de Vigny, le poëte d’albâtre, comme M. Prosper Mérimée, trop académicien aussi par le silence, il n’y est pas à sa place et il y fait une énorme tache de lumière. Qu’y a-t-il de commun, en effet, entre l’auteur des Méditations qui n’est pas, — je le sais bien, — un aussi grand poëte dans ses Méditations qu’on l’a dit, quoiqu’il en soit un bien grand déjà ; mais surtout entre l’incomparable poëte des Harmonies et de la Mort de Socrate, — deux choses immortelles et belles comme tout ce qu’il y a au monde de plus beau, — et les professeurs encuistrés et les gens à bon sens aplati, et les rimailleurs de l’Académie ! Le flot d’azur de son destin, si longtemps heureux, l’a poussé un jour, plus qu’il n’y est