Page:Barbey d’Aurevilly - Premier Memorandum, 1900.djvu/14

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




19.


La journée d’hier s’est écoulée dans la vie matérielle jusqu’au cou. Déjeuné avec Th... et soupé le soir chez Véfour. Dans l’intervalle, rien fait. — Pensé assommer un conducteur de cabriolet insolent. — Gorgé de thé au café Corazza une partie de la nuit. — Ce matin, pas trop mal levé. — La tête sans la douleur d’usage. — Lu les journaux. — Déjeuné. — Écrit ; — Une vraie avalanche de lettres ! — Aristide Boissière est venu. Causé. N’étais pas en train d’abord, et puis me suis échauffé par le frottement si bien que je me suis retrouvé conversationniste. — Repris mes intarissables griffonnages. — Lu jusqu’au dîner. — Habillé. — Dîné. — Au café. — Puis chez Guérin. — Acheté un bouquet de roses et d’œillets au boulevard. — Parlé de mon voyage en Touraine. Je pars lundi avec Gaudin. Guérin m’a prédit que je m’ennuierais au milieu et malgré les merveilles du pays. Il a peut-être raison. Où diable est-ce qu’on ne s’ennuie pas ? Surtout quand on est moi ? Il faut que je recommence quelque travail autre que ces desséchantes études politiques, que ces notes prises ici et là ; toutes choses qui vous laissent assez de pensée