Page:Barbey d’Aurevilly - Premier Memorandum, 1900.djvu/13

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


statue était faite. Voilà pourquoi son livre est plutôt un livre d’antiquaire que d’artiste. — ce qui me plaît le plus en Pausanias, ce sont certaines traditions populaires et le scepticisme avec lequel il les reproduit. Il avait trop vu pour n’être pas sceptique. Les voyages et l’observation extérieure doivent entraîner toujours l’esprit du côté du doute, et cela naturellement et sans système. — Après Pausanias, lu pulci (morgante maggiore) en comparant la traduction de lord Byron avec le texte. Assez exacte, mais non mot à mot, comme il s’en vantait. Encore une aberration de cet esprit irrégulier (le moins critique des hommes), qui n’a jamais su juger ni lui-même, ni les autres. Il mettait fort haut cette traduction et le poème lui-même, et l’une et l’autre me semblent médiocres. — Écrit enfin cette lettre à X... le premier anneau forgé de la chaîne. — Habillé. — Dîné. — Au café. — Vu Y... languissante, pâle, en vêtements blancs, très souhaitable, ma foi ! Et qui m’a fait dire comme le cheval de Job : « Allons ! » — Fait une visite à Guérin. Promené avec lui sur le boulevard. — Rentré. — Lu à bâtons rompus, écrit ceci et couché.