Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/183

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Quirin se multiplie chez les hommes d’affaires de Vézelise, de Lunéville et de Nancy, faisant les chemins de jour et de nuit par les temps les plus affreux ; François court les villages pour entretenir l’enthousiasme et lutter contre la défection ; quant à Léopold, il demeure dans sa chambre et, les pieds sur les chenêts, s’entretient avec les astres. Par une déchirure des ténèbres qui nous emprisonnent et nous glacent, il voit, il entend, il respire les parfums, la musique, la couleur et les secrets du ciel. Assisté de Thérèse, il surveille l’arrivée des secours surnaturels.

La vie du couvent est bouleversée. Tout le monde s’y mêle de commander les deux frères Hubert et Martin. Autrefois excellents travailleurs, les pauvres gens paraissent maintenant détestables. Découragés, ahuris par des ordres contradictoires, ils ont fini par perdre la tête. Les sœurs ont rompu les observances de leur vie de religieuses, sans pouvoir retrouver les conditions d’une vie paysanne. Pour elles s’ouvrent de nouveaux horizons ; elles laissent se réveiller des désirs contre lesquels, autrefois, elles se seraient réfugiées dans la prière. Sœur Lazarine, d’accord avec Quirin, cherche à prendre la haute main sur l’administration domestique.