Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/189

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que leur fait tout ce latin, aux trois religieuses exaltées et qui se sentent si bien à l’abri au milieu du cercle qui les applaudit !

Le lendemain, dans le pays, on raconta que tout le couvent était ivre. Plusieurs n’y virent pas de honte. Mieux vaut faire envie que pitié, disaient-ils en patois. Mais le scandale exaspéra les orthodoxes.

Un soir de janvier, deux femmes dévouées au couvent rencontrèrent le nouveau maire, qui venait chercher des pierres au sommet de la colline, au lieu dit le Cul du Coq, Coudjo, en patois lorrain. Elles le suivirent et s’étonnèrent qu’il fît ranger le tombereau dans sa cour sans le décharger. Dès le soir, elles contaient la chose aux Baillard, qui leur recommandèrent de bien surveiller la cour du maire et de les tenir au courant.

Peu après, un matin, comme Léopold achevait de dire sa messe, une des bonnes femmes accourut tout essoufflée, annonçant que le tombereau de pierres montait. Et bientôt, il apparut escorté du maire, de quelques conseillers et du maçon du village.

Tout ce monde venait murer la fameuse porte du corridor.

Cette porte, qui permettait aux Baillard de pénétrer librement dans l’église, c’était le der-