Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/234

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gner la partie devant ces malveillants, il lui dit :

— Justement, Léopold voulait aller à Forcelles. Il a quelque chose pour vous.

Ce dernier mot arracha un affreux sourire de plaisir à la vieille avaricieuse, qui suivit assez gracieusement l’aimable Quirin à travers le village et le long de la côte jusqu’au couvent.

Là-haut, ils furent bien surpris de les voir venir ensemble ; et lorsque Quirin dit que Mademoiselle leur faisait l’honneur d’accepter à déjeuner, toute la congrégation le regarda atterrée, car depuis beau jour, au couvent, on ne vivait que de légumes et d’eau claire. Mais, d’un regard circulaire, il obligea tout le monde à prendre une mine réjouie. Sa chaleureuse assurance était telle que les bonnes sœurs crurent qu’il devenait fou.

— Chère Mademoiselle, disait-il, si nous avions su votre visite, nous aurions eu soin de tout préparer pour que vous soyez reçue avec les égards que nous devons à notre propriétaire.

Et s’arrêtant de faire des grâces, il enjoignit aux sœurs d’aller tout préparer pour qu’on eût un bon repas.

D’un même mouvement, la congrégation,