Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/397

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les paroles propres à toucher le vieux rebelle.

— Monsieur Baillard, je viens au nom de nos Pères prendre de vos nouvelles. Voilà déjà plusieurs jours que le Père Aubry serait venu vous voir lui-même s’il n’était retenu par la maladie dans sa chambre. Vous, du moins, je vois avec plaisir que vous allez mieux, et je vous souhaite de pouvoir bientôt monter à l’Église de Notre-Dame de Sion.

— Ah ! cette église de Sion, répondit Léopold, combien de fois j’y ai prêché jadis !

— C’était alors le bon temps, Monsieur Baillard, il faut y revenir…

Et après un silence :

— II faut rentrer dans l’Église.

— Rentrer dans l’Église, dit avec humeur le vieillard, mais je n’en suis jamais sorti.

— Tant mieux, Monsieur Baillard, ainsi votre croyance est identique à celle de Monseigneur ?

— Oui, Monsieur.

— Et absolument la même que celle de Léon XIII ?

— Oui, Monsieur.

— Et ni plus ni moins que celle de l’Église entière fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ ?

— Oui. Monsieur.