Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/398

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— Mais c’est admirable, Monsieur Baillard ! Ainsi vous admettez tous les dogmes tels que l’Église catholique les croit et les enseigne ?

— Oui, Monsieur.

— Oh ! alors ça va bien. Parfait, parfait ! Mais dites-moi, Monsieur Baillard, j’ai l’honneur d’être au courant de votre histoire, j’ai lu des ouvrages de Vintras et j’ai pris connaissance de votre chef-d’œuvre littéraire, qui est votre polémique avec Monseigneur.

À ces mots flatteurs, Léopold, qui se tenait affaissé dans son fauteuil, se redressa avec une joyeuse confiance et dit vivement :

— Eh bien ! dans ce cas vous voyez…

— Je vois que les doctrines de Vintras ont été condamnées par les souverains pontifes.

— Et combien de temps, Monsieur l’abbé, avez-vous passé à cette étude ?

— Huit jours pleins, Monsieur Baillard.

— Eh bien ! moi, répliqua le vieillard avec une haute dignité, j’y ai passé trente-sept ans.

— Monsieur Baillard, tout vrai catholique doit dire comme le pape, et Vintras, pour sûr, n’enseigne pas absolument comme le Pape.

— Le pape ! le pape ! dit Léopold en haussant les épaules.