Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/69

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sensible, quasi en chair et en os, devant ses yeux : rationalistes ricaneurs conduits par le médecin de Vézelise et le journaliste de Mirecourt, curés de la plaine qui s’éloignent le bras tendu et le regard détourné, créanciers qui montent en longue file la colline, parents des saintes filles de Sion qui viennent les arracher au bercail… et toujours, pour finir, la même pénible vision des Frères et des Sœurs descendant, pour ne plus jamais les remonter, les sentiers de la colline.

Ah ! les amis de Job, les a-t-il assez connus, ces personnages qui se présentent avec des paroles de consolation et qui cachent là-dessous le sarcasme ! Parmi tous ces curés qui jadis, les jours de fête, gravissaient les sentiers de Sion et venaient s’asseoir à sa table heureuse, combien s’en est-il trouvé pour lui rester fidèles et le défendre

D’un nouvel élan, il s’enfonçait dans sa lecture et sa douleur : Je proteste contre la violence, nul ne me répond ; j’en appelle, nul ne me rend justice. Dieu m’a privé de ma gloire, il a enlevé la couronne de ma tête, il me démolit de toutes parts, il a arraché comme un arbre de mon espérance.

À ce moment une cloche tinta, elle appelait les Chartreux au grand office de nuit…