Page:Basset - Contes arabes, 1883.djvu/191

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se tourmentait à cause de lui et ne pouvait lui parler.

Un long espace de temps s’écoula : l’amour maternel la consumait. Un jour, elle se tint à la porte de l’appartement, attira son fils sur son sein et l’embrassa sur les joues et la poitrine. Elle fut surprise dans cette situation par le majordome du palais qui l’aperçut en sortant et demeura stupéfait. Il demanda : « Qui occupe cet appartement ? »

« Châh-Khatoun, » lui répondit-on. Il tremblait comme la feuille lorsque le roi revint.

Celui-ci, s’en apercevant, l’interrogea :

« Qu’as-tu donc ? »

« Prince, s’écria-t-il, quelle chose monstrueuse j’ai vue ! »

« Qu’as-tu vu ? »

« Sire, dit le majordome, j’ai découvert que ce jeune homme, ramené par l’eunuque, n’est venu qu’à cause de la reine : comme je passais ici, au moment où lui-même franchissait le seuil de l’appartement, la princesse qui l’attendait est allée à lui, s’est jetée sur lui et l’a embrassé sur les joues. »

À ces mots, Qaïsar demeura muet d’étonnement ; puis, se levant soudain, il fit arrêter