Page:Basset - Contes arabes, 1883.djvu/190

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de douleur ? Est-ce l’argent ou ton serviteur ? »

« Par ma tête, seigneur, répondit-elle, les femmes ont le cœur faible. »

Ensuite son confident vint l’informer de ce qui s’était passé, de la situation de son fils, des infortunes qu’il avait souffertes : comment son oncle l’avait exposé à la mort, comment il avait été fait prisonnier, jeté dans un cachot, précipité du haut d’un château et sauvé par Dieu de tous ces dangers. Pendant qu’il parlait, la reine pleurait. À la fin, elle lui demanda : « Lorsque Qaïsar l’a vu et qu’il t’a interrogé à son sujet, qu’as-tu dit ? »

« Je l’ai donné, répliqua-t-il, pour le fils d’une nourrice à nous, , que nous avons laissé tout jeune et que j’ai retrouvé grandi et que j’ai ramené avec moi pour le faire entrer au service du prince. »

« Tu as bien fait, » répliqua-t-elle. Puis elle mit l’eunuque près du jeune homme pour le servir. Son mari le combla de bienfaits et assigna un riche revenu à Mélik-Châh qui avait ses entrées au palais et se tenait à la disposition du roi : chaque jour voyait augmenter son crédit. Châh-Khatoun était toujours à la fenêtre pour l’apercevoir ; elle