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LXXXVIII. — DOUALA[1]

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LE POT SUR LA TÊTE[2]


Il y avait une fois un homme qui avait deux femmes : l’une s’appelait Mbango, l’autre Loko ; le nom de l’homme était Tanga.

Celui-ci aimait la seconde et ne pouvait souffrir la première. Tanga allait dans toutes les réunions ; il en était le personnage le plus important, recevait les présents à chaque assemblée et les donnait à Loko. Celle-ci faisait sa cuisine, et, quand il mangeait, il ne donnait pas la moindre chose à la pauvre Mbango qui rassemblait les os et les mettait sur le sol. Lorsqu’elle avait réuni beaucoup d’os et qu’ils étaient desséchés, elle les triturait, les cassait en petits morceaux et les mélangeait avec toute sorte de racines dont on pouvait sentir de loin la bonne odeur ; elle faisait cuire aussi des bananes et quand son mari était dans une réunion, elle et son enfant mangeaient un peu

  1. Le douala est parlé sur la côte occidentale d’Afrique, dans la colonie allemande du Kameroun.
  2. Meinhof, Ein Mærchen aus Kamerun, ap. Büttner, Zeitschrift für africanische Sprachen, t. III. Berlin, Asher, 1889-1890, p. 241-246.