Page:Bastide - La Petite Maison.djvu/44

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sans qu’elle fût obligée de détourner les yeux, il se trouva que c’étoit un piège qu’elle s’étoit tendu à elle-même. Elle fit encore cette réflexion, et, voulant en détruire la cause, s’imaginant le pouvoir, elle crut y réussir en faisant des plaisanteries à Trémicour.

« Eh bien ! lui dit-elle, cesserez-vous de me regarder ? À la fin, cela m’impatiente. »

Il vola vers elle.

« Vous avez donc bien de la haine pour moi ? répondit-il. Ah ! marquise, un peu moins d’injustice pour un homme qui n’a pas besoin de vous déplaire pour être convaincu de son malheur…

— Voyez comme il est modeste ! s’écria-t-elle.

— Oui, modeste et malheureux, poursuivit-il ; ce que je sens m’apprend à craindre, et ce que je crains m’apprend à craindre encore. Je vous adore et n’en suis pas plus rassuré. »