Page:Bastide - La Petite Maison.djvu/60

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Mélite, s’oubliant de plus en plus, s’étoit assise et faisoit des questions ; elle repassoit tout ce qu’elle avoit vu et demandoit le prix des choses, le nom des artistes et des ouvriers. Trémicour répondoit à toutes ses questions, et ne paroissoit pas avoir à lui en faire ; elle le louoit, vantoit son goût, sa magnificence, et il la remercioit comme un homme à qui on ne risque rien de rendre justice. L’artifice étoit si bien caché que Mélite, s’affectant de plus en plus et ne considérant bientôt tout ce qui la frappoit que du côté du génie et du goût, oublia réellement qu’elle étoit dans une petite maison, et qu’elle y étoit avec un homme qui avoit parié de la séduire par ces mêmes choses qu’elle contemploit avec si peu de précaution et qu’elle louoit avec tant de franchise. Trémicour profita d’un moment d’extase pour la faire sortir de ce cabinet.

« Tout cela est réellement très-beau, lui dit-il, et j’en conviens ; mais il reste quelque