Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/115

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EDWIGE.

Non, non, de personne. Veux-tu simplement donner l’ordre à la femme de chambre qu’elle fasse mon lit et puis qu’on me laisse seule, qu’on ne me dérange plus. J’essaierai de me reposer.


BLONDEL.

Bien, j’y vais.


EDWIGE.

Ai-je la fièvre ? Je n’en sais rien. (Elle tend brusquement son poignet à Bouguet qui s’en allait.) Dites-moi si j’ai le pouls agité ?

(Blondel est parti. Elle retire brusquement son poignet de la main de Bouguet.)


Scène IV


BOUGUET, EDWIGE


EDWIGE.

C’est trop ! c’est trop !… j’aurai trop souffert ce soir… Oh ! ne me regardez pas ainsi, de cet œil glacé… Ne jamais vous parler, ne pouvoir jamais tenir que cette conversation banale qui devient pour moi mourante, entendez-vous ?…


BOUGUET.

Ce sont nos conventions mêmes.


EDWIGE.

Oui, oui, ce sont nos conventions, et je les exécute suffisamment, je crois ! Vous ai-je jamais importuné ? Vous ai-je excédé de mon amour ? Mais tout de même si inaccessible que vous soyez, il y a des moments où ce silence et cette froideur dépassent toutes les permissions !