Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 10, 1922.djvu/210

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gement, je resterai fille… mais par exemple, fille courageuse et fervente… Je travaillerai, je lutterai… humblement… Je me rendrai utile aux malheureux… je les aiderai. Là où je vais, déjà les ruines se relèvent… des fabriques, des ateliers fonctionnent. Je me mêlerai au peuple… je…


DUARD.

Ah ! je suis vaincu ! Que vous importe mon déchirement !… Il compterait pour si peu !… (Désignant Ginette.) Contre vous, Ginette, on ne lutte pas !

(Il s’appuie à un meuble.)

GINETTE.

Mon ami, il y a une grande route ouverte devant moi !… Je ne peux pas ne pas la prendre… !


CÉCILE, (avec émotion, à Ginette.)

Ginette, à votre départ, vous avez donné des raisons singulièrement plus hautes que celles que j’attendais de vous… Vous avez compris le devoir de certains êtres, qui se sont enchaînés à ceux qui moururent ! Merci. Parlons net. Puis-je savoir où vous comptez vous rendre ?…


GINETTE.

Oui, à Roubaix, mon pays. (Avec hésitation.) Mais, auparavant, je ferai un détour… Auparavant, j’ai un pèlerinage à accomplir… J’hésitais, je n’osais pas, je n’ai jamais osé… Encore maintenant, Cécile, je ne m’y rendrai qu’avec votre consentement…


CÉCILE.

Qu’avec mon…

(Elles se pénètrent du regard.)

GINETTE.

Je désire aller respectueusement embrasser une