Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/113

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nom désormais effacé, mais qui, elle, n’a jamais forfait au serment ? (D’un coup sec il la brise sous son talon et en jette les tronçons sur les dalles. À ce moment, deux enfants de chœur, qui reviennent de la cérémonie, traversent en portant des accessoires, des flambeaux, le seau d’eau bénite et l’aspergeoir. Don Juan les arrête au passage, prend l’aspergeoir et le fait jouer dans sa main.) Ha ! Ha ! Le voilà, l’instrument des adieux éternels ! (Il s’approche de l’épée rompue, jette à terre la rose de son chapeau et secoue sur elle le goupillon.) Sur la rose et sur le laurier ! (Puis il le remet dans le seau d’argent.) Maintenant, en route !… Vers une vie nouvelle !


ALONSO.

Bah !… chimère !… Je suis bon de m’inquiéter. Tu n’en auras pas le courage !


DON JUAN.

Qui sait !… Nous verrons !

(Au moment où ils vont sortir, ils heurtent un homme qui passe.)


Scène XVI


Les Mêmes, UN HOMME


L’HOMME.

Pardon, Messieurs, pourriez-vous me dire quel est le seigneur que l’on enterre aujourd’hui ?


DON JUAN.

Le seigneur Don Juan de Manara !… (Mouvement horrifié de l’homme.) C’était un fieffé scélérat ! Mais tout me porte à croire que, cette fois, il est bien mort et enterré !