Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/122

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DON JUAN.

Je ne m’explique pas la vogue d’un tel ouvrage… Des fariboles aussi ampoulées qu’emphatiques !…


LE VOYAGEUR.

Moi je trouve l’épisode du voyage à Constantinople adorable… Et la religieuse mexicaine ?… Quel style, quelle forme ! Et le viol de la petite Estorella !… Comment, vous n’adorez pas cela ?… Oh ! ce viol délirant et métaphysique, en lisant Copernic !


DON JUAN.

Beaucoup trop de complications, de pathos sur le Thabor… La vie est autrement plus simple… Moi, j’ai toujours appelé un chat un chat.


LE VOYAGEUR, (qui a des principes.)

Mais il y a l’idéal, mossieu !…


RÉCAPO.

Et vous ne pensez pas qu’un tel livre sera poursuivi par l’Inquisition ?


DON JUAN.

Penh !… Nous aurons tout au plus l’honneur de l’index. Au fond, c’est la vertu même que cette « Histoire de ma vie »… (Souriant.) Puisqu’elle s’appelle ainsi !


RÉCAPO.

Après lecture, êtes-vous pour l’authenticité ?


LE VOYAGEUR.

À mon avis, le préfacier a retouché… car j’ai connu un peu ce Don Juan… Il était incapable d’écrire des choses aussi bien tournées. Au fond,