Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/123

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


je vous le confierai, je crois que c’était un vulgaire imbécile.


DON JUAN.

Comme tous les hommes qui aiment… Mais qui a pu vous donner de lui une opinion à ce point défavorable ?… Et où l’avez-vous rencontré ?


LE VOYAGEUR.

Je voyageais déjà pour une maison d’objets de piété… Il y a une dizaine d’années de cela… oui, Don Juan n’est mort qu’il y a cinq ou six ans… Il semblait assez terne… C’est comme ses succès et sa valeur d’étalon ! Tenez, je me rappelle que lorsque je le rencontrai à une table d’hôte, après un repas joyeux, nous fîmes certain pari… un pari d’endurance. À l’effet de quoi nous nous rendîmes dans certaine chartreuse bien achalandée… Il y avait dix femmes grasses et dix femmes maigres… Eh bien, je l’ai battu à plate couture, ce jour-là.


PÉPILLA.

C’est à voir ! Et à prouver !


DON JUAN.

Vous êtes un hâbleur, Monsieur Poncho.


LE VOYAGEUR, (allant à lui, furieux.)

Comment, il m’appelle hâbleur !


DON JUAN.

Voyez un peu comme on écrit l’histoire !


L’HORLOGER, (s’interposant.)

Allons, Mariano, nous vous cédons la place… Vous pourrez manger en paix avec votre invité des restes de morue ou de cachalot.