Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/166

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disparaît par la petite porte. Don Juan a reculé dans l’angle de la cheminée. Pépilla, après avoir dit adieu à son amoureux, avance, décoiffée, les cheveux dans le dos, le corsage ouvert. Elle pose le flambeau à trois branches sur la table. Comme elle ne voit personne, elle ne rajuste pas le corsage d’où les seins émergent à demi. Lente, elle étire nonchalamment les bras comme une femme énervée, amoureuse et lassée. La salle est maintenant très claire. Toute ombre dissipée, Don Juan s’approche de Pépilia et, par derrière, la saisit à bras le corps. Il cherche sa bouche avidement. Pépilia se défend.)


Scène XIV


DON JUAN, PÉPILLA


PÉPILLA.

Eh bien ! eh bien… Vous êtes fou, Monsieur Mariano… Voulez-vous bien…


DON JUAN.

Tu es belle Pépilla… Tu es encore chaude de tous les baisers que tu viens de recevoir et de rendre… Je t’ai vue… là… Donne-toi à moi !… Ton corps est fondant comme la pêche !…


PÉPILLA, (se débattant.)

Voulez-vous !

(Elle se dégage.)

DON JUAN.

Pépilia, tout mon désir crie vers toi. Je me traînerais d’amour à tes pieds… Pépilia, accepte que je monte dans ta chambre ? Réponds !… Accepte !


PÉPILLA, (simplement, le toisant.)

Ce sera dix douros.