Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/181

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fichtre !… Vous comprenez, pour une fois que je reçois un homme d’église chez moi, j’en profite !


MONSEIGNEUR.

Je vous promets que, grâce à mon entremise, vous serez parmi les académiciens du ciel… Comptez sur mon influence… D’ailleurs, ici-bas, nous avons plus d’affinités qu’on ne pense.


BARNAC.

Auriez-vous lu mes œuvres ?


MONSEIGNEUR, (souriant.)

Je les ai respirées seulement, Monsieur Barnac.


BARNAC.

Bon, parfait… C’est bien mon tour !…


MONSEIGNEUR.

Mais je me suis laissé dire que les gens d’église et les auteurs dramatiques, même les plus profanes, ont des origines fraternelles qu’ils ne sauraient renier et qu’on oublie trop souvent.


BARNAC.

Lesquelles ?


MONSEIGNEUR.

N’est-ce pas sur le parvis des cathédrales que se jouaient les mystères ? Les premières pièces de théâtre ont pris naissance à l’ombre de l’autel. Nous sommes collègues depuis bien des siècles, Monsieur Barnac.


BARNAC.

Ce sera donc un plaisir renouvelé de voisiner sous cette coupole en attendant l’autre… où j’es-