Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/210

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



GENIUS.

Toujours en éveil pour être agréable, utile à quelqu’un… Ah ! oui, Legardier, disons-le bien haut : en voilà un qui n’a pas volé sa réputation ! Je parie que si je lui rappelais qu’un jour il a bien voulu me promettre de soutenir ma croix d’officier et d’écrire au ministre…


BARNAC, (vivement.)

Il répondra qu’une lettre a toujours été de peu de poids dans ces circonstances et qu’il ira trouver le ministre lui-même, pas plus tard que demain…


GENIUS, (à Legardier.)

Hein ? Quel homme !…


BARNAC.

N’exagère pas, mon ami…


GENIUS, (essuyant une larme propice.)

Parole ! je suis ému… C’est bête !


LEGARDIER.

Ce n’est jamais bête de trouver une larme au moment opportun.


GENIUS.

Ah ! comme j’ai bien fait tout à l’heure, quand j’ai rencontré Miss sur le quai de la gare, à Asnières, de ne pas la charger, comme sur le moment l’envie m’en était venue, de te transmettre la proposition du ciné… J’en aurais perdu une fière occasion de t’être reconnaissant !


BARNAC, (qui rangeait des papiers à son bureau.)

Tu as rencontré Miss aujourd’hui à la gare d’Asnières ?