Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/232

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avec les genoux bien souples, et tes yeux de gros poussah au plafond, je m’assoierai tout contre, tout contre… et si petite je me ferai que tu ne me verras même pas sous ton menton !… (Elle entasse des coussins aux pieds de Barnac, tout en parlant, et s’installe.) J’adore quand tu dictes des choses au-dessus de ma tête !… Tu dictes si bien. C’est si juste ! Je vais griller une petite sèche pendant ce temps et je ne t’enverrai pas la fumée dans le nez, je te le promets… Mademoiselle Tigraine, à vos crayons… Qu’est-ce que tu vas dicter ? Où en es-tu ?… À la scène de la femme légitime, au deux ?

(À genoux, elle a glissé jusqu’au bureau pour prendre la boîte d’allumettes.)

BARNAC, (qui la considère fixement.)

J’en suis… où en suis-je resté exactement avant-hier, Mademoiselle ? Je n’en sais plus rien…


MADEMOISELLE TIGRAINE, (consulte ses papiers.)

Attendez…


MARTHE, (revenue et serrée contre les jambes de Barnac allume une cigarette et lance une bouffée. Se méprenant sur un geste de Barnac.)

Je sais bien que tu n’aimes pas les Three Castles… Mais je n’aime que celles-là… Tu peux bien souffrir un peu pour moi.


BARNAC.

Oui… Je t’ouvre un compte courant de souffrances…


MARTHE.

Tu dois !…


MADEMOISELLE TIGRAINE, (penchée sur ses papiers.)

Vous en êtes resté à : « Mais parfaitement, place de l’Opéra, à cinq heures… »