Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/255

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



JALLIGNY.

Soignez vos métaphores, je vous prie, ma petite amie !


MARTHE.

Non, mais vous plaisantez !… Me voyez-vous touchant mon pourcentage sur la dépense que je ferais faire à Barnac ?… Je ne vous dis pas ça pour vous être désagréable, mais, si vous connaissiez le désintéressement qui me lie à Barnac et la façon dont je suis attachée à lui (Vivement, et pour atténuer le refus,) vous ne me parleriez pas comme vous venez de me parler, dans une intention d’ailleurs très gentille, et dont je ne m’offense pas le moins du monde… Ce sont propositions d’usage courant maintenant… Tenez, quand Barnac a commandé ce portrait (Elle le désigne au mur.) signé Farmenge… Farmenge m’a offert tranquillement la combinaison suivante : « Pour Barnac, ce sera trente mille. Il y aura dix mille pour vous. » C’est simple !… On ne se fâche pas, on rit !…

(Et elle le fait comme elle le dit.)

JALLIGNY.

Mais il peut advenir que l’autre le prenne moins gaiement !


MARTHE.

Pas vous, Jalligny ! Nous sommes de trop vieux amis, vous le constatiez tout à l’heure… Nous avons eu trop de conversations antérieures sur le chapitre budget, sur votre vie, vos ennuis matériels, votre divorce, etc.


JALLIGNY.

Oui, il y a des aveux qui créent l’intimité et la confiance.