Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/258

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seigneur et achevez par une grossièreté ce que vous avez commencé par une muflerie.


JALLIGNY.

Plaît-il ?… De quel français de cuisine vous servez-vous ?


MARTHE.

Dame ! Quel autre français voulez-vous que j’emploie à l’usage de quelqu’un qui m’offre, à cinq minutes de distance, deux tentations charmantes (Dans les dents.) : celle d’exploiter mon amant et celle de le tromper avec lui.


JALLIGNY.

De qui que ce soit, je ne tolérerais pas ces paroles, à plus forte raison d’une actrice, fût-elle la plus jolie et la moins bien élevée du monde…

(Il reprend son chapeau et ses gants.)

MARTHE.

Comme c’est bête ce que vous dites là ! Appelez-moi fille d’opéra, pendant que vous y êtes ! Ça vous fera peut-être croire que vous êtes le Régent. (Le voyant s’éloigner.) Tenez, nous voilà brouillés, stupidement, pour quelques paroles de trop. Allons ! un bon mouvement. Effaçons, voulez-vous ?

(On sent qu’ennuyée de cette scène et de son résultat elle offre, à cause de Barnac, une paix rapide et bâclée dont les jolies filles de son genre ont le maniement.)

JALLIGNY.

On n’efface que ce qui marque !


MARTHE.

Oh ! si vous préférez cette solution, à votre