Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/257

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MARTHE.

Oh !… que c’est mal !… Que c’est mal ce que vous faites là !… Pour une phrase bêtement interprétée !… (Il veut la reprendre.) Cette fois, attention, si vous recommencez, j’appelle !


JALLIGNY, (ironique.)

Vos gens ?… Comme dans les romans de Georges Ohnet !


MARTHE.

Comme dans la vie !… (Elle s’appuie à la cheminée et elle est prise d’un petit rire convulsif.) Décidément, c’est la série noire… J’ai la main aujourd’hui !… Ah ! ils sont bien, les amis ! Aussitôt qu’on se trouve seule avec eux !


JALLIGNY, (retrouvant toute sa morgue.)

Ce terme collectif signifie ?…


MARTHE.

Avez-vous jamais vu chez les dresseurs de chiens le type rigolo qui tient le rôle de Papache ?… Il est rembourré de cuir jusqu’au cou, matelassé de fond en comble, et il doit subir tous les assauts, les empoignades, tirer des coups de revolver… pour en arriver à dire avec le plus charmant sourire à ses assaillants : « Bons toutous ! bons toutous… vous aurez du susucre !… » C’est moi, ça ! Ah ! il faut de l’entraînement !…


JALLIGNY.

Faites-moi grâce de cette indulgence ! J’ai éprouvé un désir. Je l’ai exprimé à ma façon. Elle vous déplaît… je passe !


MARTHE, (ses yeux pétillent de rage et d’orgueil blessé.)

Comment donc !… Reprenez votre ton grand