Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/267

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MARTHE.

All right !… Oui, mais je vois ça d’ici… Tout de suite vous allez vous imaginer des bêtises et vous vanter de cette visite à vos petits camarades !…


LE JEUNE HOMME, (protestant.)

Pensez-vous !… Soyez tranquille ! (Il tente une insinuation.) Même si par hasard vous me faisiez la faveur de me recevoir une seconde fois…

(Il s’arrête.)

MARTHE.

C’est qu’à votre âge on est ou déjà supérieurement intelligent, ou stupide. Il n’y a pas le choix.


LE JEUNE HOMME, (avec un sourire malin et sournois hoche la tête.)

Je suis supérieurement intelligent.


MARTHE, (éclate de rire.)

Oui ?… À jeudi, alors !… Voilà l’album, Monsieur… (Il prend l’album et va se retirer. Elle l’appelle.) Au fait… vous m’avez bien nommé l’avenue… mais la boutique que vous regardiez ?… Ah !… vous voyez que je vous colle ?…


LE JEUNE HOMME.

Je crois, je suis sûr même que c’était un chapelier…


MARTHE.

Ah ! c’était un chapelier ?… Eh bien ! regardez là… que je me rappelle la scène du crime… (Elle lui montre le mur. Il regarde, un peu interloqué, souriant bêtement.) Lisez l’inscription… Chapeaux… 29 fr. 75. (Il se prête à la plaisanterie, sans bien comprendre. Elle lui prend le menton entre le pouce et l’index,