Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/273

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Ma soumission, depuis un mois que tu as daigné me remarquer, doit te prouver suffisamment que je ne m’illusionne pas là-dessus. Sois tranquille, ce n’est pas parce que j’ai franchi un jour cette porte par curiosité, et par hasard, que je romprai pour cela le secret… la limite que tu m’as assignée…


MARTHE, (les poings au menton.)

Oh !… le secret ?… Voilà l’inquiétude quotidienne… le mot à la fois rassurant et torturant. Le secret ?… Est-ce bien vrai, au moins ? Cette bouche ne s’est-elle jamais vantée de ce qu’elle a reçu ?…

(Elle s’avance vers lui, sombre et anxieuse.)

SERGYLL.

Sois rassurée, complètement rassurée.

(Il essaie de lui prendre amicalement la main. Elle la retire.)

MARTHE.

Je frémis toujours… oh ! pas pour moi, grand Dieu… (Avec colère.) Il m’arriverait une bonne catastrophe de ce genre que je ne l’aurais pas volée, Dieu non ! C’est qu’il y aurait une justice ! (Soupir.) Mais… l’idée qu’il pourrait éprouver une peine !… Et celle-là serait si grande, si désolante… Ce serait si injuste qu’elle lui arrive à lui !… Voyons, quand tu es chez Gaumont ou Pathé, quand tu tournes avec des acteurs, qui, malgré tout, me connaissent ?… Des vantardises stupides, peut-être ?… Hein ?…


SERGYLL.

Au ciné, dans le travail, il n’existe aucune intimité. Ce n’est pas comme au théâtre… On ne se parle avec un peu de laisser-aller qu’en wagon…