Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/276

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MARTHE.

Si tu imaginais de quel mépris, de quel dégoût de moi-même je paie mes faiblesses ! Si tu connaissais les remords de mes lendemains !


SERGYLL.

Vrai ?… Tu as le désir honteux… Pas toujours, en tout cas, heureusement… (Il se rapproche d’elle et lui parle presque dans la nuque.) J’ai dans l’oreille les éclats de ton rire, de ton plaisir… ce que tu m’as dit, les bras noués autour du cou, et qui ne s’oublie pas… Est-ce que tu mens lorsque tu murmures des phrases de ce genre : « Ta peau sent la pêche mûre… tes yeux se… »


MARTHE, (une lumière de fureur s’allume dans ses prunelles. Elle saisit un presse-papier et le lève comme une menace.)

Suffit, n’est-ce pas ?… ou je te jette ça à la tête !


SERGYLL.

Et nos nuits valent bien tes remords !


MARTHE.

Ah ! tu oses… tu oses !


SERGYLL.

C’est trop fort tout de même !… Tu vous traites avec un de ces mépris !… N’est-ce pas toi qui es venue à moi la première ?… Alors, sans doute, je n’étais ni vil, ni odieux ?


MARTHE.

Oui ! je t’ai pris… je t’ai pris, sache-le, comme une chose qu’on trouve belle, qui vous plaît une