Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/275

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SERGYLL, (prend son chapeau pour s’en aller.)

Dis donc, il n’y aurait pas un bout de rôle pour moi, là dedans ?


MARTHE, (gouaillant.)

Non, mais… des fois… par exemple !…


SERGYLL.

Je dis ça à la blague… Mon physique et mes affaires me confinent dans le ciné, mais je pourrais très convenablement jouer un rôle de comédie. Penses-y tout de même, à l’occasion.


MARTHE.

Je te prie de ne jamais renouveler une allusion de ce genre, n’est-ce pas ?… Te rends-tu compte de la saleté que tu me proposes là ?… Que je t’immisce dans notre vie commune ?… La trahison sous sa forme la plus vile, alors ?… Grand merci ! Ce n’est pas mon genre.


SERGYLL.

Laisse-moi rire… Tu en as de bonnes !… La trahison, mais où commence-t-elle pour toi ?


MARTHE.

Elle commence à ma lâcheté, c’est entendu, mais elle ne finira pas dans la complicité.


SERGYLL.

Tu l’as déjà dit tout à l’heure, d’une façon particulièrement blessante, et tu le redis, comme si je te proposais quelque chose de monstrueux… comme si mon cœur et ma personne étaient choses si basses que tu leur fasses bien de l’honneur en les acceptant.